Donald Trump a reçu lundi le Premier ministre canadien Justin Trudeau, dont les vues politiques sur le libre-échange et l’immigration sont diamétralement opposées à celles du nouveau locataire de la Maison Blanche.

La rencontre à Washington, lundi 13 février, entre Donald Trump, chantre du protectionnisme et des mesures anti-immigration, et le Premier ministre libéral Justin Trudeau apparaissait comme un véritable test diplomatique pour les deux pays.

Malgré leurs visions politiques diamétralement opposées, les deux hommes, qui ne peuvent ignorer la densité des échanges économiques entre leurs deux pays, n’ont pourtant pas fait de déclaration majeure. Lors de leur conférence de presse conjointe, à l’issue de la rencontre, ils ont chacun réaffirmé leurs positions respectives sur l’immigration.

Le président américain a défendu sa politique de « bon sens » en matière d’immigration, et Justin Trudeau s’est engagé à poursuivre une politique d’ouverture sur les réfugiés.

« Nous ne pouvons pas laisser les mauvaises personnes entrer » aux Etats-Unis, a expliqué le milliardaire. « Je ne laisserai pas ceci arriver sous mon administration. Les gens, les citoyens de notre pays veulent cela (…). C’est une posture de bon sens. »

« Le Canada restera toujours fidèle à ses valeurs qui ont fait de nous un pays extraordinaire, un lieu d’ouverture et de respect », avait pour sa part souligné le Premier ministre canadien vendredi à Yellowknife, la capitale des Territoires du Nord-Ouest.

Troisième dirigeant étranger reçu par le nouveau président républicain – après la Britannique Theresa May et le Japonais Shinzo Abe -, Justin Trudeau avait promis de parler à la fois avec « franchise et respect » au locataire de la Maison Blanche.

La renégociation, souhaitée par Donald Trump, de l’accord de libre-échange Aléna, qui groupe Canada, États-Unis et Mexique, s’annonce délicate.

Fervent partisan du libre-échange, Justin Trudeau avait, pendant la campagne électorale américaine, mis en garde contre la tentation du « repli » et du « protectionnisme ». Et il a rappelé vendredi avec force que « des millions de bons emplois des deux côtés de la frontière » dépendaient d’une circulation sans heurts des biens et des personnes.

« Nous entretenons des relations commerciales exceptionnelles avec le Canada. Nous allons les ajuster. Nous ferons certaines choses qui bénéficieront à nos deux pays », a déclaré Donald Trump lundi. « Nos deux pays sont plus forts quand nous unissons nos forces en matière de commerce international », a ajouté le président américain, saluant la perspective de « construire encore plus de ponts » commerciaux avec le Canada.

Jugeant que l’Aléna, accord vieux de 23 ans, était une « catastrophe » pour les États-Unis et « très injuste » pour le travailleur américain, Donald Trump a jusqu’ici été nettement plus virulent sur le Mexique que sur le Canada.