Bahador Zabihiyan – Radio-Canada a appris que le Québec enverra très bientôt une mission commerciale officielle en Iran pour aider les entreprises québécoises à obtenir des contrats dans le secteur de l’aluminium.

Québec organise tous les ans des missions commerciales dans de nombreux pays pour aider les entreprises à signer des contrats à l’étranger. Mais l’Iran n’a pas fait partie de ces destinations au cours des quinze dernières années.

Cela va changer. Début mai, Québec va envoyer une mission commerciale en République islamique d’Iran. Roch Paquette, du ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation, en sera le responsable.

Il s’agira surtout d’entreprises évoluant dans le domaine de l’aluminium et plus particulièrement des équipementiers, des gens qui peuvent fournir équipements et services aux grandes alumineries

Roch Paquette, du ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation

C’est que l’Iran veut produire 5 millions de tonnes d’aluminium par année d’ici 2025, une quantité colossale, selon M. Paquette. Avec la levée d’une bonne partie des sanctions internationales visant le pays, les entreprises québécoises peuvent aider l’Iran à atteindre cette cible.

Selon les critères que nous nous fixons, c’est possiblement le plus intéressant pour les dix à quinze prochaines années […] Il y a moins de constructions d’alumineries au cours des prochaines années […] nous pensons que la croissance va être en Iran.

Roch Paquette, du ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation

Mais certaines sanctions internationales demeurent, selon Bardia Afzali, avocat fiscaliste du Conseil du commerce Iran-Canada, un organisme qui veut aider les entreprises canadiennes à faire des affaires en Iran.

Le plus grand challenge pour une entreprise canadienne, c’est tout ce qui est bancaire, toutes les méthodes de paiement, comment financer certains projets en Iran, comment rapatrier l’argent de l’Iran vers le Canada.

Bardia Afzali, avocat fiscaliste du Conseil du commerce Iran-Canada

D’autant plus qu’Exportation et développement Canada (EDC) n’est pas en mesure d’accorder des garanties à l’exportation aux entreprises québécoises qui veulent signer des contrats en Iran.

« Une chose est certaine, en 2017, l’Iran ne fait pas partie des pays prioritaires pour lesquels Exportation et développement Canada souhaite garantir des prêts ou des opérations », dit M. Paquette.

Autre problème : des entreprises iraniennes figurent sur des listes noires internationales, et certains produits ne peuvent être exportés vers l’Iran. « Il y a certains grades d’aciers qui ne peuvent pas être exportés du Canada vers l’Iran », note M. Paquette. À cela s’ajoute l’absence d’ambassade canadienne en Iran, et de mauvaises relations entre Ottawa et Téhéran depuis plus d’une décennie.

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